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Primaires dans le New Hampshire : là encore, il faut se méfier des sondages

Le New Hampshire sera le deuxième Etat à voter, mardi 9 février,adidas yeezy boost 350 v2 black & red, pour départager les candidats républicains et démocrates à la présidentielle. Dans l’Iowa, Hillary Clinton l’a emporté de peu face à Bernard Sanders, galvanisant la campagne de ce dernier. Le sénateur du Vermont a levé plus de fonds qu’elle en janvier ; 20 millions de dollars, contre 15 millions. Il caracole en tête des sondages (57,6 % d’intentions de vote pour lui, contre 36,1 % pour Mme Clinton). Dans le New Hampshire,yeezy adidas boost, Mme Clinton espère faire mieux que ce que donnent les sondages, ce qui lui permettrait d’aborder sereinement les votes du 20 février,lunette de sport oakley, dans le Nevada et en Caroline du Sud, Etats qui lui sont,monture dior femme, a priori, plus favorables. Dans le New Hampshire, les indépendants peuvent participer aux primaires démocrate ou républicaine. Chez ces électeurs sans obédience,adidas yeezy boost 350 femme, M. Sanders arrive en tête face à Mme Clinton (69 %, contre 26 %). Même chose dans l’électorat jeune (76 %, contre 24 %), selon le sondage NBC-Wall Street Journal-Marist. M. Sanders participe à la primaire en voisin : il est sénateur du Vermont, un Etat dont les électeurs ont un profil et une culture politique similaires, note The New York Times. Sur le site d’analyses des sondages FiveThirtyEight, Nate Silver donne à M. Sanders 99 % de chances de remporter la primaire démocrate. Lire aussi   Avant le New Hampshire, le ton monte entre Hillary Clinton et Bernie Sanders Les républicains voteront dans le New Hampshire, et Donald Trump, battu dans l’Iowa par le sénateur ultraconservateur du Texas Ted Cruz et talonné par le sénateur de Floride Marco Rubio, devra lui aussi confirmer les sondages qui le donnent gagnant. Les experts estiment qu’une nouvelle défaite porterait un coup très dur à l’image de gagnant qu’il a mise en avant. Les sondages lui donnent une vingtaine de points d’avance sur M. Rubio (13,lunette oakley prix,9 %) et placent M. Cruz (12,8 %) en troisième position. « Going bananas » Mais dans cet Etat tout peut arriver, rappelle le Huffington Post en utilisant l’expression going bananas – ce qui oblige les observateurs francophones à sortir leur dictionnaire pour proposer une traduction : « devenir dingue », « partir en quenouille ». Par exemple, en 2008, Mme Clinton avait remporté la primaire alors qu’elle était donnée perdante. La National Review écrit ainsi que les électeurs du New Hampshire ont tendance à inverser le vote de ceux de l’Iowa : mauvaise nouvelle pour M. Cruz. Et Politico de prévenir : « Vous pensiez que les sondages dans l’Iowa ont eu tout faux ? Attendez de voir ceux du New Hampshire. » Sans se lancer dans la lecture de marc de café, The Wall Street Journal analyse les dix comtés de l’Etat, et estime que M. Rubio pourrait s’imposer dans les comtés urbains (Rockingham, Hillsborough et Merrimack) et les comtés « universitaires » (Cheshire et Strafford), tandis que MM. Cruz et Trump pourraient se battre pour les comtés ruraux de Belknap, Grafton et Sullivan,lunette de soleil polaroid femme, ainsi que dans les comtés défavorisés et dont la population est la plus âgée : Carroll et Coos. M. Silver donne à Donald Trump 64 % de chances de remporter cette primaire.

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L’université à l’heure de la compétition

Soyez autonomes, mais regroupez-vous ! Prenez la tête de la compétition internationale mais coordonnez-vous au niveau territorial… Les injonctions adressées aux universités françaises depuis le début des années 2000,lunette de soleil gucci femme, avec l’enchaînement des lois « Pécresse » sur l’autonomie en 2007 puis « Fioraso » en 2013, ne manquent pas de contradictions, analyse Christine Musselin dans son dernier ouvrage.

La chercheuse du Centre de sociologie des organisations,lunette femme dior, fine connaisseuse des arcanes de l’enseignement supérieur, dessine la grande lame de fond qui traverse le monde universitaire depuis une quinzaine d’années : celle de la compétition, désormais à tous les étages,one piece fr, entre les enseignants-chercheurs, les laboratoires, les universités…

Cette évolution générale dans les sociétés occidentales ne manque pas d’être paradoxale en France, souligne la directrice de recherche CNRS. « Le discours prônant l’équivalence entre les universités s’est mué en un discours sur la compétition internationale, la performance et la concentration des ressources sur les meilleurs »,adidas yeezy 350 boost v2 steel grey, avec « une rapidité [qui] n’est pas sans étonner dans un pays où les principes égalitaires ont longuement imprégné les politiques universitaires ».

Le choc des classements internationaux

Ce qu’elle explique notamment par le choc des classements internationaux, venus bousculer l’enseignement supérieur français, avec le coup de projecteur sur celui de Shanghaï à partir de 2003, où les universités françaises brillaient par leur absence. Mais aussi par la progression du new public management et des doctrines néolibérales.

L’Etat a développé lui-même des instruments pour stimuler la compétition, avec la création d’agences de financement sur projets de la recherche et d’évaluation. Mais surtout en lançant la grande compétition des investissements d’avenir, notamment celui de l’Initiative d’excellence (IDEX),lunette de soleil pas cher femme, dotée de milliards d’euros de capital pour les regroupements universitaires jugés les meilleurs sur la scène internationale.

Christine Musselin déconstruit patiemment les croyances qui existent en arrière-plan de la constitution de ces grands « empires universitaires » mêlant universités, grandes écoles et organismes de recherche sur un territoire. Seules des universités complètes dotées d’une taille critique suffisante pour être visibles et pour compter dans les classements seraient capables de s’imposer dans la compétition internationale, avec une gouvernance forcément renforcée et en développant des travaux interdisciplinaires. Ce qui ne s’appuie pourtant sur aucun fondement empirique.

« L’accès au savoir » et « logique des pôles d’excellence »

« Les réformateurs ont réussi le tour de force de concevoir, au nom d’un nécessaire ajustement avec le modèle international, un système totalement singulier, un “jardin à la française” sans équivalent dans le monde », souligne en outre la chercheuse, qui se permet de donner son sentiment en conclusion. Quitte à cibler les financements, autant frapper plus juste, et changer de politique tant qu’il en est encore temps, en privilégiant enfin la dynamique scientifique plutôt que ces complexes assemblages institutionnels.

Dans un autre ouvrage intitulé Construire l’université au XXIe siècle, Danielle Tartakowsky, ancienne présidente de l’université Paris-VIII (Vincennes-Saint-Denis), apporte justement son témoignage de l’intérieur sur ces tiraillements vécus par les universités. La militante syndicale et politique, à la tête de cet établissement si particulier de 2012 à 2016, héritier du centre universitaire expérimental de Vincennes créé au lendemain de mai 1968 et toujours porteur d’une identité fortement ancrée à gauche,adidas yeezy boost 350 femme, avait quelque espoir d’une inflexion des « orientations libérales qui pesaient sur l’enseignement supérieur et la recherche » menant « à l’émergence d’établissements concurrentiels régulés par le marché » avec le quinquennat de François Hollande. En vain.

Au fil des diverses séquences de crises et de tensions, la chercheuse spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux raconte comment elle a tenté de rester fidèle à son « indéfectible attachement aux principes de services publics, à la démocratisation de l’accès au savoir et de la réussite, à l’égalité territoriale », auxquels contrevient « la logique des pôles d’excellence ». Elle va pourtant s’y plonger, au risque de friser la « schizophrénie ». Difficile de faire autrement à l’heure de la « disette budgétaire », pour la grande université d’arts, lettres, littérature et sciences humaines et sociales de 23 000 étudiants.

L’appel de la fusion

Avec son homologue Paris-Nanterre, l’université dyonisienne va constituer un regroupement confédéral, et tenter de remporter les subsides de la compétition de l’Initiative d’excellence. Avec finalement un échec du projet qui avait réussi à soulever l’enthousiasme des communautés universitaires et dont « nul n’a pourtant contesté la valeur et l’intérêt socio-économique et scientifique ».

Mais il n’a pas résisté au modèle de gouvernance dominant de cet appel, celui de la fusion, raconte la présidente, et ce malgré les assurances du secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur, Thierry Mandon, ou encore la loi de 2013 qui ouvrait la possibilité de constituer des communautés d’universités et établissements. Une illustration des lignes contradictoires qui se croisent au sein même de l’Etat.

« Là où les tenants d’une autonomie sans limite de l’enseignement supérieur, ici synonyme de libéralisation, savent s’organiser et peser, les acteurs universitaires syndicaux et politiques partisans d’un service public à la hauteur des exigences contemporaines n’ont pas été au rendez-vous, comme englués dans une gigantesque panne de sens »,lunette de soleil polaroid femme, juge-t-elle plus globalement dans ce vivant retour d’expérience. Sans pour autant être amère : elle n’a pas perdu espoir de faire encore bouger les choses.

« La Grande Course des universités », de Christine Musselin (Les Presses Sciences Po, 303 pages, 19 euros). « Construire l’université du XXIe siècle. Récits d’une présidence. Paris-VIII – 2012-2016 », de Danielle Tartakowsky (Editions du Détour, 223 pages, 19,50 euros).

Camille Stromboni

Journaliste au Monde

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lunette de soleil guess 2016Laudace lunettes marc jacobs dIvan Jablonka

L’audace d’Ivan Jablonka

Il ne s’agit pas de réconcilier l’histoire, ou les sciences humaines en général, avec la littérature : elles ne cessent de divorcer depuis des siècles. Dans L’histoire est une littérature contemporaine, l’historien Ivan Jablonka propose plutôt de changer de couple. Si l’on cesse un instant de réduire le littéraire au fictionnel (car l’histoire n’est pas, et ne sera jamais, une « fable »), on s’aperçoit que la littérature est bien plus vaste que le roman. Elle n’a même aucun mal à accueillir un type de récit comme celui que propose l’histoire. A côté des autobiographies, des carnets de voyage,michaelkors lunettes, des reportages, celle-ci siège, comme peuvent le faire les autres sciences humaines et sans avoir à abjurer ses outils et ses méthodes, parmi les « écrits du réel », au milieu de tous les textes traversés par un désir et une quête de vérité. L’histoire est d’emblée littérature, puisque c’est dans le texte qu’elle se fabrique. Plus précisément, elle est une littérature contrainte par ses propres exigences, par les règles de la discipline.

Une fois brisé le vieux couple littérature-histoire, usé par ses propres querelles, Jablonka peut souhaiter le mariage de l’histoire (et des sciences humaines) avec des quêtes formelles plus ambitieuses. Il peut revaloriser la forme de l’enquête et militer pour l’usage du « je ». Il peut aspirer à rattraper le rendez-vous manqué de l’histoire et de la modernité littéraire. A la fois formidable synthèse et audacieux manifeste,lunette de soleil femme oakley, cet essai est l’un des plus stimulants de la rentrée. 

L’histoire est une littérature contemporaine. ­Manifeste pour les sciences sociales,lunettes polaroid femme, d’Ivan Jablonka, Seuil, « La Librairie du XXIe siècle »,lunette de vue chanel femme, 352 p.,adidas yeezy 350 boost v2 steel grey, 21,50 €.

Signalons, du même auteur, la parution en poche des Vérités inavouables de Jean Genet,yeezy adidas boost, Points, « Histoire », 464 p.,lunette femme dior, 10,80 €.

Julie Clarini

Journaliste au Monde

ray ban 2132Portrait ray ban 2132 des mères porteuses indiennes, loin des idées reçues

Portrait des mères porteuses indiennes,boutique oakley, loin des idées reçues

Parce qu’elle propose les tarifs les plus bas, l’Inde a longtemps été l’une des principales destinations au monde pour les couples en mal d’enfant désireux d’avoir recours à une gestation pour autrui (GPA), qu’ils soient homosexuels ou hétérosexuels infertiles.

Plus de 25 000 enfants auraient été conçus par GPA dans ce pays, dont la moitié pour des parents étrangers. Ces naissances sont l’objet de nombreux fantasmes. Pour les opposants à la GPA, les aspects les plus condamnables de cette technique sont réunis en Inde : des parents riches exploitent le corps de femmes démunies, coupées de leur famille pendant la grossesse, et auxquelles les bébés sont arrachés…

La réalité est plus « complexe et ambiguë », selon la sociologue Virginie Rozée, qui a enquêté deux ans sur place. Ses travaux sont présentés dans Population et Sociétés, un bulletin d’information de l’Institut national d’études démographiques (INED), publié mercredi 12 octobre.

Partant du constat que, malgré la véhémence des débats autour de la GPA, les « données empiriques » manquaient, notamment sur la situation indienne, elle a rencontré trente-deux experts (médecins, avocats, responsables politiques…), huit parents et trente-trois gestatrices dans trois lieux, en 2013 et 2014. Elle a également utilisé toutes les recherches déjà menées sur le sujet.

Motivation financière

Les conditions étaient difficiles. « Ma recherche est intervenue au moment où une volonté politique de restreindre l’accès à la GPA est apparue [en Inde], explique la chercheuse. Les cliniques étaient très méfiantes. » La GPA a été fermée aux couples homosexuels en 2013, puis aux étrangers, qui ne peuvent plus obtenir de visa de sortie pour les enfants. Elle est désormais réservée aux couples indiens mariés infertiles. Les parents se tournent vers d’autres destinations, comme le Cambodge ou le Kenya.

Son travail va à l’encontre d’une idée reçue : les gestatrices rencontrées ne sont « ni parmi les moins lettrées ni parmi les plus pauvres » des Indiennes. Très peu sont analphabètes. La moitié d’entre elles percevaient un revenu mensuel d’au moins 10 000 roupies (environ 135 euros), sachant que 75 % de la population de l’Inde avaient un revenu inférieur à ce seuil en 2011-2012.

« Les médecins ne souhaitent pas recruter les femmes les plus pauvres, à la fois pour des raisons de santé et d’hygiène et pour satisfaire les futurs parents,celine lunette soleil, explique Virginie Rozée. Par ailleurs, les femmes qui sont au courant de cette pratique et osent se rendre sur les lieux,dior lunette soleil, informées par le bouche-à-oreille ou les médias, ne sont pas celles qui dorment dans la rue. »

Leur motivation est financière : elles touchent entre 2 800 et 7 000 euros, soit l’équivalent de plusieurs années de salaire. Elles espèrent que cette somme changera leur vie et surtout celle de leurs enfants. « La GPA apparaît comme une “stratégie maternelle”, explique l’article. Qu’il s’agisse de donner accès à une école privée ou de payer la dot de leurs filles pour leur permettre de se marier. »

Stigmatisation

L’argent peut également servir à payer les dettes de la famille, à acheter un rickshaw (trois-roues à moteur) ou un logement. Elles ont également le sentiment de faire une « bonne action » pour les futurs parents, ce qui est valorisé dans l’hindouisme.

Une forte réprobation sociale pèse sur la GPA en Inde : elle y est associée à des relations sexuelles adultères, car les techniques de procréation médicalement assistée sont mal connues. Contrairement aux parents étrangers, qui affirment vouloir informer les enfants de leur mode de conception, les parents indiens y recourent dans le plus grand secret.

Face à cette stigmatisation, les gestatrices se décrivent comme « des femmes instruites,lunette tom ford prix, aptes à comprendre une pratique médicale complexe ». Pour échapper à l’incompréhension, les mères porteuses préfèrent être éloignées de leur domicile pendant la grossesse.

La gestation est « une expérience relativement positive », écrit l’autrice. Pour la première fois de leur vie, ces femmes échappent à des conditions d’emploi difficiles,lunette solaire chanel, à des tâches ménagères pénibles, au harcèlement sexuel dans les transports et sont l’objet d’attention de la part du personnel médical.

Nombreuses appréhensions et difficultés

La GPA fait l’objet d’un contrat en anglais, qu’elles ne sont en général même en pas en mesure de lire. Mais les mères porteuses ne semblent pas ressentir l’organisation médicale comme une domination.

« Cette absence de revendication doit être replacée au regard de la situation générale des femmes en Inde, soumises à l’autorité de leurs père, mari et beaux-parents, avec un pouvoir de décision et une liberté de mouvement limitée », nuance la chercheuse.

Malgré ces aspects plutôt positifs, ces femmes doivent faire face à de nombreuses appréhensions et difficultés : lourdeur des traitements, crainte de la césarienne, regret de ne pouvoir voir l’enfant à la naissance.

« Il n’y a pas d’attachement, elles ne veulent pas de l’enfant, écrit Virginie Rozée. Mais elles veulent savoir s’il va bien et voir à quoi il ressemble. » Elles se refusent à voir leur propre fille devenir mère porteuse à leur tour. « Cette question a suscité de fortes émotions chez ces femmes qui voyaient [dans cette possibilité] l’échec de leur propre GPA à changer la vie de leur famille »,adidas yeezy 350 boost v2 steel grey, décrit la sociologue. La prochaine étape est, selon elle, de savoir si « leur rêve d’un avenir meilleur s’est concrétisé ».

Petit lexique des mères porteuses

Les parents d’intention sont le couple qui désire l’enfant et rémunère la mère porteuse. Il peut s’agir d’un couple hétérosexuel dont la femme n’est pas en mesure de porter un enfant (du fait d’une malformation de l’utérus par exemple), ou d’un couple d’hommes.L’embryon est conçu avec les gamètes du père d’intention (ou de l’un des pères dans le cas des couples d’hommes), qui est donc aussi le père biologique. Dans les couples hétérosexuels,oakley solaire, la mère peut également fournir les ovocytes, si elle en produit suffisamment de bonne qualité. Dans le cas contraire (si elle est trop âgée par exemple), le couple fait appel à une donneuse d’ovocytes.La gestatrice porte l’embryon obtenu par fécondation in vitro. Ce n’est pas elle qui a donné les ovocytes : elle n’est pas la mère génétique de l’enfant qu’elle met au monde.

Gaëlle Dupont

journaliste au Monde

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lunette de soleil femme oakleyLa lunette soleil chanel psychose des clowns, reflet dune époque apeurée et surconnectée

La psychose des clowns, reflet d’une époque apeurée et surconnectée

D’un incident isolé dans la campagne de Caroline du Sud au creux du mois d’août, c’est devenu une étrange épidémie qui touche quasiment tous les Etats-Unis : des hommes en costumes de clowns effrayants ont été vus errant autour d’écoles ou dans des universités ; ou encore filmés depuis une voiture à l’orée des bois,lunettes de vue marc jacobs femme, en pleine nuit, par des automobilistes hystériques ; des témoins prétendent également avoir été poursuivis par des clowns armés de machettes ; des parents paniqués jurent que des clowns ont tenté de faire monter leurs enfants dans une camionnette.

Le phénomène des clowns sinistres et effrayants déambulant dans les villes n’est pas nouveau. Ce sont des canulars qui précèdent régulièrement la fête d’Halloween depuis les années 1980. En 2014, il s’est même exporté en France. On arrêtait des ados déguisés en clowns mal maquillés du Var au Pas-de-Calais.

La différence, cette fois, est que la rumeur s’est propagée à une telle vitesse aux Etats-Unis et dans d’autres pays anglophones – réseaux sociaux et surmédiatisation obligent – que la psychose qui en a découlé a eu des conséquences bien plus importantes qu’un coup de peur sur le parking d’une zone commerciale mal éclairée.

Où sont les clowns ? Partout et nulle part

Tout est parti d’une résidence dans la ville de Greenville en Caroline du Sud. Le « patient zéro » est un petit garçon qui dit avoir vu « deux clowns dans les bois, l’un avec une perruque rouge et l’autre avec une étoile noire dessinée sur le visage. Ils lui ont murmuré de le suivre ».

Les parents paniqués appellent la police, qui ne trouvera pas de traces de clowns. Les policiers de Caroline du Sud recevront rapidement de nouveaux signalements de ce type dans la région. Puis ce seront leurs collègues de Caroline du Nord et, dans les semaines suivantes, d’autres Etats du Sud. Début octobre, des clowns ou des agressions présumées par des clowns avaient été signalés dans plus de trente Etats et au Canada.

Parmi les centaines d’appels, la plupart relevaient de fausses alertes et de canulars. Des clowns menaçants imaginés, vus pendant une fraction de seconde et volatilisés,lunette dior solaire, puisque la police ne les retrouvera jamais. Une dizaine de personnes ont quand même été arrêtées : certaines simplement pour s’être habillées en clown en public, d’autres pour avoir inventé des fausses agressions. L’écrasante majorité des méchants clowns n’a jamais été capturée.

L’amplification, comme souvent, est venue d’une surconnexion à Internet et de la médiatisation qui donne une fausse cohérence à des incidents qui seraient, dans d’autres circonstances, considérés comme isolés. Des photos et des vidéos montrant des clowns, ou des formes s’en approchant, ont largement circulé sur les réseaux sociaux et les messageries privées,boutique oakley, puis sur les chaînes de télévision locales.

Peu importe s’il s’agit clairement de scènes montées de toutes pièces, le doute subsiste toujours. Elles circulent, bien plus vite que les articles qui mettent en garde sur leur véracité, inspirent la peur au jeune public qui tombe dessus et donne des idées à ceux qui ont du temps à perdre à l’autre bout du pays, et éventuellement de la planète (pour l’instant le Canada, l’Angleterre, l’Ecosse, le Pays de Galles, l’Australie).

« N’ayez pas peur des clowns »

Aux Etats-Unis, les autorités locales ont pris l’histoire au sérieux, notamment parce que plusieurs menaces ont été proférées en ligne, depuis des comptes Facebook de « clowns », contre des établissements scolaires. De leur point de vue,michaelkors lunettes, c’était l’équivalent d’un risque terroriste, quel que soit le costume de l’agresseur.

Depuis la rentrée de septembre, des dizaines d’établissements scolaires ont été fermées dans l’Ohio, à New York,lunettes marc jacobs, en Alabama, en Pennsylvanie ou en Floride en raison de menaces, d’agressions supposées ou du terme surréaliste de « clown-related activity » ou « activité en lien avec des clowns ».

A l’université de Pennsylvanie, une sorte de psychose collective a frappé près de cinq cents étudiants qui sont descendus de leurs chambres, armés de battes de base-ball,lunettes vue chanel, pour chasser un clown qui aurait été aperçu dans le campus. « L’information » avait circulé via WhatsApp, YakYak, Facebook. Pour éviter une émeute, l’université a été placée sous confinement. La police n’a jamais retrouvé le moindre clown.

Penn State Clown Riot https://t.co/B2zwq1RzRs— ClownsSightings (@Clown Sightings)

Rectorats et agents de police ont bien tenté de rassurer publiquement parents d’élèves et grand public, avec souvent pour effet inverse d’inquiéter ceux qui n’avaient pas encore entendu parler de cette vague de clowns maraudeurs. Le préfet de police délégué de New York, John Miller, déclarait alors début octobre que des écoles de la région renforçaient leur sécurité :

« Nous surveillons la situation, mais nous ne voyons pas vraiment de risque réel. Nous avons essayé de ne pas tomber dans le piège de mettre plus de protection policière dans les endroits concernés. Notre principal message est ne croyez pas tout ce que vous entendez. Et n’ayez pas peur des clowns ».

L’affaire est remontée jusqu’à la Maison Blanche, où un porte-parole a dû répondre à une question sur les clowns qui hantent les ruelles sombres de l’Amérique. Il s’en est remis au FBI, reconnaissant que c’était quand même « une situation que les forces de l’ordre considéraient assez sérieusement ».

Même McDonald’s, dont le visage est celui du clown Ronald, a dû se faire une raison. La multinationale a annoncé que « la participation de Ronald McDonald à toute activité » a été suspendue « en raison du climat créé par les apparitions de clowns ».

Crise d’angoisse collective

Ce n’est pas un hasard si cette panique a un arrière-goût lexical de terrorisme. Elle est le reflet de l’époque, apeurée et surconnectée. Robert Bartholomew, sociologue néo-zélandais spécialiste de l’hystérie collective, rappelle que « chaque panique sociale contient une morale ou un message sous-jacent ».

« Les clowns effrayants sont le reflet des peurs et des incertitudes de notre époque. Ils font partie d’une panique sociale plus grande, sur la peur des étrangers et des terroristes dans un monde de plus en plus urbanisé, impersonnel et imprévisible. De ce point de vue, la grande peur des clowns de 2016 est un reflet de nos peurs les plus enfouies ; c’est une forme de crise d’angoisse collective. »

La figure du clown est l’ingrédient qui fait basculer dans l’absurde, qui fait que des hommes et des femmes adultes ne vont pas hésiter une seconde à appeler la police parce qu’ils croient avoir vu un homme maquillé rôder près de chez eux.

Dans l’imaginaire collectif anglo-saxon, il représente non seulement le mal, mais le mal dissimulé derrière un sourire illisible. La littérature (Pennywise du Ça de Stephen King), le cinéma et les séries (le Joker de Heath Ledger ou le personnage de Twisty dans American Horror Story : Freak Show) et les faits divers (le serial-killer John Wayne Gacy, surnommé le Clown tueur) ont fait du clown moderne une « bête mythique », comme celui du Loch Ness ou Bigfoot, explique la cryptozoologue Loren Coleman.

La différence est qu’en 2016, même un ado peut se glisser dans la peau du monstre et en diffuser les photos sur Snapchat. Pour Frank McAndrew, un psychologue qui a étudié les mécanismes de l’épouvante dans la société :

« Les réseaux sociaux jettent de l’huile sur le feu en nous donnant une fausse impression de l’étendue du phénomène, et en nous donnant l’impression que l’on est en danger. »

Comme à chaque fois, les vagues de clowns disparaîtront une fois Halloween terminé, sans explication concrète. « Mais une nouvelle peur prendra rapidement sa place, prédit Robert Bartholomew. Même l’éducation ne peut pas éradiquer ces paniques sociales. Elles vont continuer à apparaître. La seule chose que l’on peut faire,lunette de repos femme, c’est de les identifier lorsqu’elles apparaissent pour en réduire l’impact. »

Certains ont voulu voir des ramifications beaucoup plus cyniques et commerciales : il s’agirait de marketing viral pour la sortie d’un remake de Ça en 2017. Les studios de cinéma concernés ont démenti toute implication, et même Stephen King, un des responsables historiques de la coulrophobie occidentale, a pris la parole pour calmer tout le monde, défendre les clowns et relativiser la frénésie collective :

« Je pense qu’il s’agit d’une hystérie de basse intensité, comme le Slender Man. La fureur sur les clowns passera, comme toute chose, mais elle reviendra, parce que dans les bonnes circonstances, les clowns peuvent vraiment être terrifiants. »

Luc Vinogradoff

Journaliste au Monde.fr

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oakley lunette de soleilHomosexualité – chanel lunettes soleil en Tchétchénie, tout comportement minoritaire est rendu impossible

Homosexualité : en Tchétchénie,solaire dior 2016, « tout comportement minoritaire est rendu impossible »

D’après le journal russe indépendant Novaïa Gazeta, relayé par des ONG dont Amnesty International ou Human Rights Watch, une centaine de personnes auraient été arrêtées en Tchétchénie pour homosexualité, puis torturées et détenues dans des prisons secrètes près de Grozny. Pour Aude Merlin, chercheuse au Centre d’étude de la vie politique (Cevipol), à l’Université libre de Bruxelles, spécialiste du Caucase du Nord,adidas yeezy boost 350 v2 black & red, cette répression n’est « pas une surprise » compte tenu de « l’entreprise de contrôle politique total à laquelle se livre le chef de la République, Ramzan Kadyrov » qui « rend impossible tout comportement minoritaire et/ou en dissidence ». Comment réagissez-vous au récit fait par « Novaïa Gazeta » ? L’homosexualité en tant que telle n’est pas interdite par la loi en Russie. Officiellement, la législation de 2012 pénalise la « propagande à l’encontre de mineurs concernant les relations sexuelles non traditionnelles ». Mais les pratiques judiciaires, policières et politiques, largement empreintes du passé soviétique en la matière,adidas yeezy 350 boost v2 steel grey, sont très répressives en Russie et ont poussé de nombreux homosexuels à quitter le pays. Dans le cas de la Tchétchénie, cette répression ne me surprend guère. L’entreprise de contrôle politique total à laquelle se livre le chef de la République, Ramzan Kadyrov, depuis des années rend impossible tout comportement minoritaire et/ou en dissidence, comme l’ont montré les tortures, passages à tabac, violences d’Etat exercées de façon redoublée, en 2016 notamment. Cela se combine aux injonctions de « retraditionnalisation » de la société tchétchène (autorisation de la polygamie, code vestimentaire et comportemental infligé aux femmes, tolérance vis-à-vis des crimes d’honneur, des mariages forcés et violences domestiques), le tout sur fond de mobilisation par le pouvoir d’un islam officiel qu’il contrôle entièrement. Dans un contexte où Ramzan Kadyrov se proclame le disciple indéfectible de Vladimir Poutine, l’articulation entre ces pratiques locales au niveau tchétchène et le discours politique russe officiel, pourfendant une Europe et un Occident qui seraient en pleine décadence morale – en particulier avec l’adoption du mariage homosexuel – n’est pas une surprise. Ce qui peut surprendre, c’est que des victimes de ces répressions aient osé témoigner dans un contexte de peur et de crainte de représailles ultérieures à l’encontre des membres de leur famille restée en Tchétchénie ; et que les journalistes de Novaïa Gazeta aient donc pu en faire un reportage, alors que le tabou est si verrouillé sur la question en Tchétchénie. Qu’est-ce qui, selon vous, peut conduire les autorités tchétchènes à une telle répression ? Il est parfois difficile de trouver une rationalité temporelle à certains rythmes politiques. Ce qui est sûr, on a vu en 2016 en Tchétchénie un durcissement considérable en matière de représailles, ce dont ont attesté plusieurs rapports d’ONG internationales indépendantes. Le message envoyé par le pouvoir tchétchène, dont l’hypertrophie des structures de force et leur hypermilitarisation sont connues, est celui d’un avertissement supplémentaire. Terroriser la société en lui montrant précisément ce qui est admis – et ne l’est pas –, est une des modalités du contrat politique tchétchène actuel. La Tchétchénie est un « Etat dans l’Etat », où les lois russes ne sont pas appliquées. En échange d’une loyauté redoublée à la Fédération de Russie,yeezy adidas boost, au sein de laquelle la Tchétchénie – autrefois indépendantiste – a été officiellement réintégrée, Ramzan Kadyrov a reçu un blanc-seing total de la part de Moscou en termes d’exercice de la coercition et de la violence, au nom de la lutte contre le terrorisme, et une manne économique gigantesque pour la reconstruction de la République. Dans le cas de l’homosexualité, cette mise à l’index trouve en outre un écho dans une grande partie de la société elle-même. Structurée selon des codes coutumiers, qui rendent comptable des agissements d’un individu l’ensemble de son clan, la société tchétchène reste dans sa majorité très traditionnelle sur cette question. A fortiori dans un contexte de peur et de grande tolérance de la part du pouvoir vis-à-vis des crimes d’honneur. Existe-t-il des mouvements de défense des homosexuels structurés en Russie et en Tchétchénie ? En Russie, la loi pénalise la propagande à l’encontre des mineurs. Les mineurs homosexuels sont eux-mêmes particulièrement exposés, tant par la loi et les pratiques policières, que par le regard social au quotidien. Le film documentaire Les Enfants 404 (en référence au nombre 404 des pages Internet introuvables ou fermées) d’Askold Kourov et Pavel Loparev, présenté au festival One World à Bruxelles en 2015, montre bien comment se conjuguent l’effet de la loi et l’opprobre social. De nombreux homosexuels font ainsi l’objet de violences. Dans le même temps, le mouvement LGBT se structure, l’association Enfants 404 offre un soutien psychologique juridique et moral aux mineurs homosexuels. A Saint-Pétersbourg,solaire tom ford, le festival international gay et lesbien Côte à côte (Bok o bok), s’il a subi des pressions et fait l’objet de turbulences lors de ses déroulements, ouvrira sa sixième édition le 20 avril. En Tchétchénie, à ma connaissance, on ne peut en aucun cas parler de mouvement LGBT constitué en tant que tel, surtout dans le contexte de ces répressions ; un tel mouvement ne pourrait subsister. La société civile en Tchétchénie est sous contrôle. Les Russes ont-ils connaissance de ces atteintes aux libertés fondamentales en Tchétchénie ? Tout dépend si l’on parle des élites, de la société,lunette femme oakley, et de quels segments de la société russe. Le pouvoir est indéniablement au courant. La société, c’est plus contrasté : les défenseurs des droits de l’homme russes sont en courant, le lectorat de médias minoritaires comme Novaïa Gazeta l’est ; une partie de la communauté homosexuelle de Russie peut l’être. Mais une autre composante entre ici en ligne de compte : le regard porté par la société russe dans sa majorité sur le Caucase du Nord et en particulier sur la Tchétchénie reste très marqué par le biais colonial. Cela ne favorise pas nécessairement l’empathie, les regards croisés sur les sociétés russe et tchétchène ayant été fortement mis à mal, notamment par la deuxième guerre de Tchétchénie (1999-2009, selon Moscou) et par la façon dont les médias russes,lunette versace homme, majoritaires, sous contrôle, ont détérioré l’image des Tchétchènes. Aude Merlin est docteur en sciences politiques et sociales et l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’espace post-soviétique, dont celui publié avec Ekaterina Gloriozova, Sotchi 2014 : la Russie à l’épreuve de ses jeux, les jeux à l’épreuve du Caucase (dossier) et Connexe, les espaces postcommunistes en question(s) (2016). Gaïdz Minassian Journaliste au Monde Suivre Aller sur la page de ce journaliste

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Football : les avantages d’une Coupe du monde à 42 équipes

Ces derniers jours, la planète football avait les yeux tournés vers la Coupe du monde 2018 en Russie. Partout dans le monde, les équipes nationales se sont affrontées pour obtenir l’un des 31 tickets qui restent à prendre (la Russie est qualifiée d’office en tant que pays organisateur). Certains pays sont déjà en très bonne position pour participer à la prochaine grande fête du foot, en particulier le Brésil, l’Uruguay, l’Egypte, le Nigeria, l’Allemagne, la Belgique, la Suisse et la Pologne. Les Bleus de Didier Deschamps, qui ont battu la Suède (2-1) vendredi 11 novembre au Stade de France, semblent aussi bien partis pour se qualifier. L’Argentine, finaliste du dernier Mondial, est en difficulté, tout comme l’Algérie et le pays de Galles, demi-finaliste du dernier Euro. Lire aussi :   Football : les Bleus terminent leur année sur un échec face à la Côte d’Ivoire (0-0) Dans les prochaines semaines, les regards vont se porter beaucoup plus loin, vers la Coupe du monde 2026. En effet, le conseil de la Fédération internationale de football (FIFA) doit statuer les 9 et 10 janvier prochain sur un probable élargissement de la Coupe du monde, qui entrerait vraisemblablement en vigueur à partir de 2026. Un tel élargissement est soutenu par Gianni Infantino, le nouveau président de la FIFA, qui avait promis, lors de sa campagne, d’étendre la Coupe du monde de 32 à 40 équipes. « Huit pays de plus vibreraient au rythme de la Coupe du monde, disait-il alors. Ça boosterait la compétition,lunette soleil chanel, et du point de vue commercial plus d’équipes, cela signifie plus de matchs et donc plus de revenus. » Le prince Ali Ben Al-Hussein, qui était également candidat, avait pour sa part suggéré une extension à 36 équipes. Début octobre, Infantino est allé encore plus loin en proposant un format à 48 équipes. Un tel élargissement présente de nombreux avantages pour la FIFA et son président. Plus de 85% des revenus de la FIFA proviennent de la Coupe du monde, via la vente des droits TV et des droits d’exploitation commerciale. Élargir la Coupe du monde est donc pour la FIFA le plus sûr moyen d’augmenter substantiellement ses revenus et son influence. Certains y voient aussi un argument électoral. Autoriser plus de pays à participer au Mondial serait un moyen de s’attirer les suffrages des 211 associations nationales. Plus de revenus, c’est aussi l’assurance de pouvoir augmenter les dotations à toutes ces associations, y compris celles dont l’équipe nationale a très peu de chances de se qualifier pour la Coupe du monde, mais dont le vote compte autant que celui des grosses nations de football. Rappelons que pour l’élection de son président la FIFA utilise le système « un pays une voix ». Infantino pour un Mondial à 48 équipes Il semble donc quasiment certain que le conseil de la FIFA votera l’élargissement de la Coupe du monde. Dès lors, la vraie question qui se pose, c’est plutôt celle-ci : comment profiter de l’élargissement pour améliorer la Coupe du monde ? Nombreux sont ceux qui décrivent le format actuel à 32 équipes comme idéal. Pourtant, je pense qu’un format à 42 équipes serait encore meilleur, car il permettrait de résoudre simplement et naturellement le problème du nombre de places allouées à chaque continent. Infantino a expliqué à quoi un Mondial à 48 équipes pourrait ressembler : 32 équipes participeraient à un tour de qualification à élimination directe, et les 16 vainqueurs rejoindraient 16 équipes directement qualifiées pour la phase de groupes ; le tournoi se déroulerait alors comme aujourd’hui : 8 groupes de 4, suivis par des huitièmes de finale, des quarts de finale, des demi-finales et la finale. Mais un tel format fonctionnerait aussi bien avec un nombre quelconque N d’équipes, tant que N est supérieur à 32 et ne dépasse pas 64. Par exemple, dans un format à 39 équipes, 25 pays seraient qualifiés directement pour la phase de groupes et seraient rejoints par les 7 vainqueurs d’un tour qualificatif à 14 équipes. Alors pourquoi 48 équipes ? La question mérite d’être posée. Lire aussi :   Gianni Infantino présente sa « FIFA 2.0 » Jusqu’à présent, c’est la FIFA qui décidait combien de pays un continent avait le droit d’envoyer à la phase finale de la Coupe du monde. Par exemple, pour le prochain Mondial en Russie, la FIFA a alloué 13 places à l’Europe (en plus du pays organisateur), 5 à l’Afrique, 4 à l’Amérique du Sud, 4 à l’Asie et 3 à la Concacaf (Amérique du Nord, Amérique centrale et Caraïbes). Seules 2 places se joueront lors de barrages intercontinentaux (Asie-Concacaf et Amérique du Sud-Océanie). Cette allocation arbitraire suscite régulièrement des critiques : les confédérations non européennes estiment que la FIFA donne trop de places à l’Europe ; l’UEFA, la confédération européenne, rétorque que les performances passées des équipes européennes et leur classement FIFA devraient leur valoir encore plus de représentants. J’estime qu’un format à 42 équipes pourrait résoudre le problème. Voici ce que je propose. Un barrage intercontinental complet Je suggère d’utiliser le nouveau tour de qualification comme un barrage intercontinental complet, que j’appelle « challenge intercontinental ». Par cela, j’entends un barrage où figureraient toutes les oppositions intercontinentales possibles : Afrique-Asie, Europe-Concacaf, Amérique du Sud-Asie, Afrique-Europe, etc. Étant donné la faiblesse relative de l’Océanie, surtout depuis que l’Australie a rejoint la confédération asiatique en 2006, Asie et Océanie seraient considérées comme une seule et même confédération dans le cadre de ce barrage. Le barrage mettrait donc aux prises 5 confédérations, il y aurait alors exactement 10 oppositions intercontinentales possibles, ce qui signifie que 20 équipes, 4 par continent, participeraient au challenge intercontinental. Les 10 vainqueurs rejoindraient 22 pays qualifiés d’office pour la phase de groupes. Au total, 42 équipes participeraient donc à la phase finale de la Coupe du monde. Pour répartir les 22 places directement qualificatives pour la phase de groupes entre les différents continents, la FIFA pourrait simplement se baser sur la règle actuelle et retirer 2 places à chaque continent : 11 pour l’Europe, 3 pour l’Afrique et l’Amérique du Sud,adidas yeezy boost 350 v2 black white, 2 pour l’Asie et la Concacaf, plus une pour le pays hôte. Il faudrait légèrement modifier ces chiffres dans le cas où le Mondial serait organisé conjointement par plusieurs pays. La FIFA pourrait aussi revoir cette répartition tous les quatre ans en fonction des résultats du précédent barrage intercontinental. Sur la base de ces chiffres, la phase de groupes pourrait comprendre 7 équipes africaines, 5 équipes de la Concacaf, et 4 équipes asiatiques, si les équipes de ces continents obtiennent de bons résultats lors du challenge intercontinental ; ou bien 14 ou 15 équipes européennes et 7 ou 6 équipes d’Amérique du Sud, si les équipes européennes et sud-américaines gagnent un maximum de matchs lors du barrage. Garantir une représentation minimale à toutes les confédérations Les 22 places directement qualificatives continueraient à garantir une représentation minimale à toutes les confédérations en phase de groupes. La répartition finale par continent des 32 places de la phase de groupes ne se déciderait plus derrière une porte close, mais sur le terrain lors du challenge intercontinental. Etant donné que les 10 matchs du challenge intercontinental représenteraient les 10 affrontements intercontinentaux possibles, il serait impossible que 2 continents remportent tous leurs matchs de barrage, ou que 2 continents perdent tous leurs matchs de barrage. Le barrage Europe-Amérique du Sud n’aurait qu’un vainqueur, donc Europe et Amérique du Sud ne pourraient pas obtenir conjointement plus de 21 des 32 places en phase de groupes. De la même façon, le barrage Asie-Concacaf n’aurait qu’un perdant, si bien qu’Asie et Concacaf auraient conjointement un minimum de 5 représentants en phase de groupes. Les 10 matchs supplémentaires n’allongeraient le tournoi que de quatre jours. Pour garantir que toutes les équipes jouent au minimum 2 matchs dans le tournoi, et donc que les équipes et leurs supporters ne se déplacent pas juste pour un seul match, le challenge intercontinental pourrait se jouer par matchs aller-retour. Cela aurait aussi l’avantage de réduire la part du hasard dans les résultats des barrages. Le tournoi durerait alors huit jours de plus qu’aujourd’hui. Le tableau du challenge intercontinental serait tiré au sort. Un système de têtes de série pourrait éventuellement être mis en place : en classant les 4 représentants de chaque continent de 1 à 4 (du plus fort au moins fort), on pourrait aisément s’assurer que le tirage au sort ne produit que des affrontements intercontinentaux du type 1-4 et 2-3. Lire aussi :   Mondial 2026 : un tournoi à 48 équipes ne ferait pas forcément le bonheur des nations africaines Pour illustrer ma proposition, voyons à quoi aurait ressemblé la Coupe du monde 2014 au Brésil dans ce format à 42 équipes. D’après les résultats des phases qualificatives jouées entre 2011 et 2013, les 22 places directement qualificatives pour la phase de groupes seraient revenues à l’Allemagne, l’Angleterre, la Belgique,marc jacobs lunette homme, la Bosnie-Herzégovine, l’Espagne,dior lunettes so real, la France, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas, la Russie et la Suisse pour l’Europe ; l’Argentine, le Chili et la Colombie pour l’Amérique du Sud ; l’Algérie, la Côte d’Ivoire et le Ghana pour l’Afrique ; l’Iran et le Japon pour l’Asie ; le Costa Rica et les Etats-Unis pour la Concacaf ; et le Brésil en tant que pays hôte. (J’ai utilisé le classement FIFA de novembre 2013 pour départager les 5 pays africains qui se sont qualifiés pour le Mondial 2014.) Les 20 pays qualifiés pour le challenge intercontinental auraient été les suivants : le Cameroun,lunette versace homme, l’Egypte, le Nigeria et la Tunisie, représentant l’Afrique,l’Australie, la Corée du Sud, la Jordanie et la Nouvelle-Zélande, représentant l’Asie et l’Océanie,le Honduras, la Jamaïque, le Mexique et le Panama, représentant la Concacaf,la Croatie, le Portugal, la Suède et l’Ukraine, représentant l’Europe,l’Equateur, le Pérou,oakley flak, l’Uruguay et le Venezuela, représentant l’Amérique du Sud. Un tirage au sort avec des têtes de séries aurait alors pu donner le challenge intercontinental suivant : Nigeria-Jordanie, Cameroun-Panama, Tunisie-Uruguay, Egypte-Portugal, Corée du Sud-Jamaïque, Australie-Venezuela, Nouvelle-Zélande – Croatie, Honduras-Pérou, Mexique-Ukraine et Equateur-Suède. Un tirage au sort sans tête de série aurait pu donner lieu à des affiches comme Uruguay-Portugal ou Mexique-Croatie. Un coût économique et écologique Ce format à 42 équipes aura, certes, un coût économique et écologique important, mais moindre que le format à 48 équipes. Il est intéressant pour la FIFA puisqu’il garantit plus de pays qualifiés,one piece fr, plus de matchs et plus de revenus, et qu’il offre un moyen juste, transparent et méritocratique de régler le problème du nombre de places allouées à chaque continent. Il est aussi intéressant pour les amateurs de football, qui pourront s’enthousiasmer dès le début de la compétition avec l’introduction des matchs à élimination directe du challenge intercontinental, puis apprécier une phase de groupe probablement un peu plus équilibrée et un peu plus relevée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Enfin, il est aussi intéressant pour les différentes confédérations, qui peuvent prouver sur le terrain qu’elles méritent plus de places. Finalement, je pense que ce format serait plus juste et plus équilibré, et rendrait la Coupe du monde encore plus belle et universelle. Je forme le vœu qu’il puisse être discuté et débattu dans les semaines qui viennent et lors de la prochaine réunion du conseil de la FIFA qui va décider du nouveau format du plus grand événement sportif du monde. Julien Guyon (Polytechnicien, docteur en mathématiques appliquées, professeur associé aux départements de mathématiques de l’Université de Columbia et de NYU)